Quand la température entreprend sa descente et que la lumière dorée de l’automne nimbe nos beaux paysages, les feuilles de nos arbres commencent à chuter et à recouvrir nos terrains. Êtes-vous de celles et ceux qui s’empressent de les racler avant de les entasser dans des sacs pour la collecte? Les mettez-vous dans votre bac à ordures? Et si on vous lançait le défi de les laisser au sol? Voici ce qui arrive lorsqu’on met nos feuilles mortes aux poubelles :

  • elles contribuent à remplir les sites d’enfouissement, qui sont déjà sur le point de déborder partout au Québec – un enjeu de taille;
  • elles se décomposent dans un milieu « fermé » et sans oxygène, soit le lieu d’enfouissement (LET), ce qui, dans ces conditions, leur fait produire du gaz à effet de serre;
  • elles se mélangent avec toutes sortes de polluants et de métaux lourds et deviennent du sol contaminé. Ces polluants coûtent des milliers de dollars chaque année en gestion et en traitement du lixiviat (communément appelé le « jus de poubelle »).

Alors qu’en fait, les feuilles mortes constituent une vraie richesse pour les sols lorsqu’elles se décomposent naturellement! Comment ça? Entre autres parce que :

  • les feuilles viennent enrichir la couche de matière organique qui protège les racines et qui retient l’eau, diminuant ainsi la sensibilité du gazon à la sécheresse et les besoins en arrosage;
  • lors de leur décomposition, elles fournissent les minéraux nécessaires aux végétaux pour passer l’hiver et leur permettre de croître avec vigueur au printemps;
  • elles permettent de réaliser des économies collectives en diminuant les coûts reliés à l’enfouissement ou encore à la gestion des résidus verts (collecte de feuilles, points de dépôt et écocentres).
Pourquoi gaspiller cette richesse naturelle en la transformant en polluant coûteux à traiter? Feuillicyclons!

Le feuillicyclage, ça consiste à laisser les feuilles mortes au sol. Au printemps, elles se seront décomposées à 80 % et continueront leur processus de dégradation en enrichissant le sol.

Trucs et astuces

  • À l’automne, par temps sec, on n’a qu’à les tondre pour accélérer leur processus de décomposition. S’il y a une accumulation de feuilles à la base des arbres, on peut les répartir avec un râteau avant d’y passer la tondeuse.
  • On peut récolter des feuilles déchiquetées pour les étendre dans notre potager ou nos plates-bandes pour constituer un paillis qui enrichira le sol.
  • Comme elles constituent de la matière brune, on peut aussi mettre nos feuilles mortes dans notre compost domestique, mais PAS dans notre bac brun.
  • Lire cet autre article sur notre blogue!

Démythifier l’enjeu des taches noires sur le feuillage de certains érables

Avez-vous des érables dont les feuilles présentent des taches noires? Il s’agit sans doute de ce qu’on appelle la tache goudronneuse de l’érable (Rhytisma acerina), une altération causée par un champignon que l’on trouve principalement sur l’érable de Norvège, mais aussi parfois sur l’érable à sucre, l’érable rouge et l’érable argenté. Cette maladie se repère facilement et ne pose qu’un impact esthétique : à long temps, la santé de l’arbre ne s’en trouve pas affectée[1].

Le feuillicyclage, c’est la manière la plus simple et écologique pour gérer nos feuilles mortes à l’automne. Essayez-le!

Références :
[1] mffp.gouv.qc.ca/les-forets/protection-milieu-forestier/protection-forets-insectes-maladies/maladies-fiches/tache-goudronneuse-erable

Chronique « Les temps changent… pas que le climat! » réalisée par Co-éco, en partenariat avec les MRC de Kamouraskade Rivière-du-Loup et des Basques.

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