Bienvenue dans le monde du bac brun, un trésor enfoui dans nos cuisines et nos cours. Au Québec, la gestion des déchets organiques est une préoccupation croissante pour la santé de notre environnement. Le bac brun est devenu un outil essentiel dans cette lutte contre le gaspillage et la pollution.

Pourtant, son utilisation optimale reste méconnue de nombreux citoyen(ne)s ainsi que de plusieurs industries, commerces et institutions (ICI). Dans le texte qui suit, nous explorerons l’importance du bac brun, les astuces pour le maîtriser en toutes saisons, les erreurs à éviter, ainsi que les avantages collectifs d’une gestion responsable des matières organiques.

Prêts à plonger dans l’univers fertile du bac brun pour découvrir comment en faire un allié précieux pour notre environnement, notre communauté et notre portefeuille!

AU KRB, LES MATIÈRES ORGANIQUES VONT À L'USINE DE BIOMÉTHANISATION

Biométhani… quoi ?!

Au Québec, il y a deux types de traitement pour les matières organiques issues des collectes municipales, soit le compostage et la biométhanisation. La grande différence entre ces deux traitements est la présence ou non d’oxygène lors de la décomposition.

Lors d’un processus de biométhanisation, les matières organiques sont transformées en digestat, un produit riche en éléments nutritifs et en minéraux, qui est épandu dans les champs agricoles pour enrichir les sols, ainsi qu’en biogaz, qui peut être utilisé comme source d’énergie de substitution aux matières premières (gaz naturel, pétrole).

Pour tout savoir sur le processus de biométhanisation, cliquez ici.

Cycle de valorisation des matières organiques mises au bac brun (Co-éco)

POURQUOI PARTICIPER AU BAC BRUN?

Utiliser le bac brun permet de réduire la quantité de matières au dépotoir

Saviez-vous que les matières organiques constituent près de la moitié des matières résiduelles générées[1]? En mettant plutôt ces matières au bac brun, on évite de surcharger nos sites d’enfouissement et conséquemment, d’avoir à les agrandir ou à en construire d’autres! Pour en savoir plus sur les enjeux des lieux d’enfouissement technique (LET), consultez notre article.

Utiliser le bac brun permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES)

Saviez-vous que les sites d’enfouissement font partie des principaux émetteurs de méthane (CH4) au Canada? Lorsqu’on sait que le méthane est un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2)[2], il apparaît évident de tenter d’en réduire les émissions en utilisant notre bac brun pour nos matières organiques!

Utiliser le bac brun permet de réduire la facture collective

Au KRB, une tonne d’ordures coûte entre 127 $ et 205 $ à enfouir en 2023, alors que l’usine de biométhanisation fonctionne avec un abonnement à tarif fixe, peu importe la quantité envoyée!  Ainsi, lorsqu’on envoie nos matières organiques à la poubelle, c’est comme oublier que l’on a un abonnement avantageux à un gym (usine de biométhanisation) et qu’on se retrouve à payer en plus à payer à chaque entrée (LET)… ça n’a pas de sens! Malheureusement, ces choix se répercutent sur vos comptes de taxe.

Il est donc plus (éco) logique d’utiliser notre bac brun, ce qui permet en plus de valoriser nos matières organiques, plutôt que de jeter notre argent à la poubelle tout en surchargeant nos sites d’enfouissement!

Les frais d'ordures expliqués

En 2023, une tonne d’ordures coûte 97 $ à enfouir. Ce montant augmente annuellement à cause de l’inflation et du resserrement des normes à respecter dans les LET du Québec. À cela, s’ajoute une redevance de 30$/tonne, qui augmentera de 2$ par année à partir de l’an prochain [3]. Enfin, la tarification du LET est incitative : lorsqu’une municipalité envoie une trop grande quantité dans le bac noir par rapport à la quantité envoyée dans le bac brun, une surtaxe s’applique à l’enfouissement. C’est ce qui explique la variation du coût de la tonne d’ordures entre 127 $ (utilisation optimale du bac brun) et 205 $ (utilisation moindre du bac brun) pour 2023.

Qu’est-ce qu’une redevance?

La redevance est un montant payé par l’exploitant d’un lieu d’élimination au gouvernement pour chaque tonne enfouie. Elle s’inscrit dans le concept du « pollueur-payeur » puisqu’elle vise à réduire les quantités de matières résiduelles qui sont éliminées et, par la même occasion, à augmenter la durée de vie des lieux d’élimination. Les redevances perçues sont en partie redistribuées aux municipalités lorsque celles-ci atteignent les objectifs de récupération des matières recyclables et organiques [4].

Utiliser le bac brun permet de produire localement de l’engrais agricole pour les champs de la région

Grâce au digestat, vos déchets de table peuvent ainsi avoir une deuxième vie, dans la région! Le bac brun encourage ainsi une économie locale et circulaire!

QUELLES MATIÈRES SONT ACCEPTÉES ET REFUSÉES?

LES MYTHES SUR LE BAC BRUN

Oui mais… j’ai entendu que l’usine ne fonctionnait pas?

FAUX, l’usine fonctionne bel et bien! Le digestat sortant est de bonne qualité et est régulièrement épandu comme engrais dans les champs de la région. À peu de chose près, c’est le même résultat que les plateformes de compostage que l’on voit ailleurs au Québec. Le bonus de la biométhanisation, c’est la production de biogaz. En raison d’un enjeu technique, ce gaz ne peut pas encore être vendu dans le réseau pour être utilisé comme carburant, il est plutôt brûlé. Ce n’est pas l’idéal, mais c’est quand même beaucoup mieux que d’enfouir les matières organiques : la combustion du gaz émet du dioxyde de carbone au lieu du méthane, ce dernier étant un gaz à effet de serre environ 25 fois plus puissant [5] ! Du point de vue environnemental, l’usine remplit donc l’objectif premier : recycler la matière organique en engrais plutôt que de l’enfouir et réduire les émissions de GES.

Digestat (source: Unsplash)

De toute façon, tout finit à la même place!

Il y a plusieurs années, les médias nous ont montré des images de camions de recyclage envoyés directement au dépotoir. Ce vieux scandale a marqué les esprits! Sachez que ce n’est pas du tout ce qui arrive chez nous. Au KRB :

  • Le contenu de votre bac bleu est apporté au centre de tri pour être recyclé en bonne et due forme.
  • Le contenu de votre bac brun est apporté à l’usine de biométhanisation pour y être valorisé en digestat, qui sera utilisé comme engrais agricole;
  • Le contenu de votre bac à déchets, lui, va bel et bien au LET de Cacouna! C’est sa fin de vie, voilà pourquoi il faut en limiter le contenu au maximum!

S’il peut arriver qu’un camion de collecte des bacs bleu ou brun soit détourné vers le lieu d’enfouissement, il s’agit de cas isolés : par exemple s’il y a un bris qui empêche l’usine de fonctionner ce jour-là, ou si le camion contient trop de matières non acceptées.

J’habite seul.e, je ne produis rien qui va au bac brun

À moins que vous ne soyez un robot et vous rechargiez sans aucune nourriture, c’est impossible!

Thé, café, fruits, légumes, viande… si ça se mange, ça va au bac brun (mais idéalement, on les mange avant pour éviter le gaspillage alimentaire) !

Si vous jardinez, les résidus de jardin vont aussi au bac brun!

Même si ça semble peu, le cumul de vos matières et de celles des autres fait une différence!

Je ne veux pas utiliser le bac brun car ça pue et ça attire les insectes et les mouches à fruits

Des matières en décomposition ou des résidus de viande, oui, ça pue! Vous le savez sans doute, si vous avez déjà oublié de sortir vos poubelles avant de quitter pour un séjour.

Pour éviter les odeurs et les insectes, essayez les trucs et astuces estivales ci-dessous et débarrassez-vous de ces nuisances!

Les animaux sont attirés par mon bac brun!

Les animaux peuvent être attirés autant par votre bac brun que par vos poubelles! Voici comment les tenir loin de votre bac :

  • Appliquer de l’onguent pour la toux à base de camphre (ex. Vicks VapoRub® ou Tiger Balm®) sur le rebord du couvercle.
  • Vaporiser de l’assainisseur d’air désinfectant de type Lysol® à l’intérieur du couvercle.
  • Bloquer l’ouverture du bac à l’aide de sangles élastiques ou d’un poids. ATTENTION de bien retirer le dispositif avant la collecte des matières organiques.

QUEL SAC PUIS-JE METTRE DANS MON BAC BRUN?

Le saviez-vous? Vous n’êtes pas obligé d’utiliser des sacs pour la collecte. La meilleure pratique est de mettre ses aliments en vrac dans le bac, donc sans sac, ou encore, d’emballer ses matières avec du papier journal.

Toutefois, si vous souhaitez en utiliser, les sacs en papier et les sacs « COMPOSTABLES » sont acceptés dans la collecte des bacs bruns sur le territoire des MRC de Kamouraska, Rivière-du-Loup et Les Basques. Ils sont maintenant faciles à trouver sur les tablettes des épiceries, pharmacies, quincailleries ou autres magasins de grande surface.

Pour les sacs en plastique, on ne se trompe pas et on cherche la mention « certifiée compostable » et non (oxo) biodégradable.

Pour toutes les infos, c’est par ici.

COMMENT GÉRER MON BAC BRUN SELON LES SAISONS?

Printemps et automne

Les entre-saisons connaissent l’ouverture et la fermeture des terrains et apportent ainsi un lot de nouveaux résidus organiques.

Les résidus de jardin et de plates-bandes (plantes, fleurs, légumes moisis) peuvent être mis au bac brun.

Les résidus de terrain composés de gravelle, gravier (« garnotte »), de terre, de branches et de feuilles mortes ne doivent pas être mis au bac brun.

Bien qu’il soit possible de mettre du gazon en quantité modérée dans le bac brun, nous vous encourageons à explorer les alternatives suivantes:

Psst! Nous vous encourageons à retarder la première tonte au printemps, puisque les pissenlits constituent la première et une des seules premières sources de nourriture pour les abeilles après un long hiver!

Été

En été, certains inconvénients peuvent surgir en lien avec l’utilisation du bac brun. Pour éviter les odeurs et l’apparition d’insectes, essayez ces trucs et découvrez lesquels fonctionnent pour vous…

 

Hiver

En hiver, les collectes de bac brun sont moins fréquentes et il arrive que les matières organiques restent collées au bac brun malgré la collecte.

EN BREF…

Avant, nos déchets étaient déchargés sans contrôle dans les talus, sans recyclage ni valorisation, ou encore brûlés. Aujourd’hui, on ne s’imaginerait plus poser de tels gestes! Heureusement, les habitudes ont changé grâce à la conscience de notre impact sur l’environnement. Maintenant, on constate qu’il est complètement illogique que les résidus de table et de jardin se rendent au lieu d’enfouissement! 

La valorisation de nos matières organiques, va encore plus loin : en plus d’arrêter de jeter nos déchets par terre, nous les valorisons et leur donnons une seconde vie! Le Québec encourage justement cette évolution avec des objectifs de valorisation des matières organiques de plus en plus ambitieux.

Nos matières organiques ne sont pas des déchets… Faisons notre part en les compostant à la maison ou en les mettant au bac brun!

D’autres questions? Consultez la page https://co-eco.org/bac-brun/ ou contactez-nous.


Sources :

[1] RECYC-QUÉBEC (2021). Caractérisation des matières résiduelles du secteur municipal 2015-2018.

[2] Gouvernement du Canada. Réduire les émissions de méthane.

[3]  Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Redevances pour l’élimination de matières résiduelles.

[4] Ibid.

[5] Ibid.

 

Chronique «Les temps changent… pas que le climat !» réalisée par Co-éco, en partenariat avec les MRC de Kamouraska, Rivière-du-Loup et Les Basques.

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